DICTIONNAIRE

UNIVERSEL

D HISTOIRE HATURELIE

rkscmant et complétant

‘‘“î 'opMies, les a„ciens Dictionnaires scientifiques, les Œuïtà

I éSolTt fa défin t phénomènes de la nature,

oreaninn“S et inoraaniones "oms scientifiques , les principales applications des corps r„ niqn.s et inorganiques, a 1 agriculture, à la médecine, aux arts industriels, etc.;

OWRAGi: UTIIiE

' ''•■''"'"•■‘i anx Pharmaciens, aux Agriçulteurs , aux Industriels , et généralement à ton»

les nommes désireux de s’initier aux merveilles de la nature;

PAR MESSIEURS

ARAGO, BAUDEMENT, BECQUEREL, BIBRON, BLANCHARD,

BOITARD, DE BRÉBISSON , AD. BRONGNIART, C. BROüSSA'IS,

BRULLÉ, CHEVROLAT, CORDIER , DECAISNE, DE LA FOSSE , DESHAYESa DESMAREST, J. DESNOYERS, ALCIDE ET CHARLES d’oRBIGNY, DOYÈRE DUCHARTRE, DUJARDIN , DUMAS, DUPONCHEL , DUVERNOY, ÉLTE DE BEAUMONT FLOURENS, ISIDORE GEOFFROY SAINT-HILAIRE , GÉRARD, GERBE, GERVAÎS ^ AL. DE HUMBOLDT, DE JUSSIEU, DE LAFRESNAYE, LAURILLARD, LEMAIRE, LEVEILLE, LUCAS, MARTIN ST-ANGE, MILNE-EDWARDS, MONTAGNE, PELOUZE , PELTIER , C. PRÉVOST, DE QUATREFAGES ,

A. RICHARD, RIVIÈRE, BOULIN, SPACH ,

VALENCIENNES, ETC.;

DIRIGÉ PAR M. CRARLFS irORRlG!VT.

Et enrichi d un magnifique Atlas de planches gravées sur acier.

TOME SEPTIÈME.

■I

PARIS,

CHEZ LES ÉDITEURS MM. RENARD, MARTINET ET C%

UÜE DE BÜSSI, 6;

ET CHEZ MM.

LAXGLOIS ET LECLERCQ,

Rue de lu Harpe, SI.

VÏCtTOU M ASSOIE,

Placï;de.J’É£.t.)-ie-de Mc-ih’eine, i.

iîtfinfs maisons, dje* £, Ülidjelsen, h iTftfsia. '

1840.

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Digitized by the Internet Archive % in 2018 with funding from Wellcome Library

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OICTIONNAIR'E

UNIVERSEL

O’HISTOIRE NATURELLE

TOME SEPTIÈME

LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE DE MATIÈRES,

Avfc l’indicalion des letlres initialcti dont leurs articles sont sijnés.

%oc»lo)y^le |ÿéiiéi*ale, Anatomie, Pliysiologle, Tëi*atolo$^ie

et Antïiropologie.

■WM.

OUPOiXÇHEIj (ils , médecin de l’École polytechnique. [A. D ]

DUVERSOY, D.-M., professeur d’iiistoiie naturelle au Collège royal de France, etc. [Duv.l

KLOUREl^S,- D.-M,, secrétaire perpétuel de l’Acad. royale des Sciences, membre de l’Académie française, piofesscur-admi- nlstiatpur au Muséum d’Histoirc naturelle. [Fi,.s.|

MM.

ISIDORE GEOFFROY SAIMT-HILAIRE , D.-M., membre de l'Institut, inspecteur-général de l’Université, professeur ad¬ ministrateur au Muséum d’Histoire naturelle. [1. G.-S.-!l|

DE HIJAIBOLDT ( le baron Alexandre ) , membre de l’In¬ stitut, de l’Académie royale de Berlin, de la Société royale de Londres, etc., etc. [de Humb.J

MARTlüi SAIMT-AISGE , D.-M , membre de plusieurs socié¬ tés savantes. [y. s.-A.]

niai

lifères et Oiseaux.

îîAUDE.ME.AT, prof, suppl. au Collège royal de Henri IV. [B.]

ISIDORE GEOFFROY SAIMT-HILAIRE , D .-M., membre (ie l’Institut, etc. (1. G. -S. -II. J

GÉRARD, membre de plusieuis sociétés savantes. [ G ]

GERBE, aideau Collège de France. [Z. G.)

DE IiAFRESYAYE (le baron), memb. déplus soc. sav. [Lafk ] LAURIELARD , membre de la Société pliilornatique , etc (Mammifères, Oiseaux et Reptiles fossiles.) [L..d.|

DE QUATREFAGES, doc. en méd. et ès-scieiices. [A. de Q.l ROUIAAl, membre de la Société philomatique, etc. [Roul.I

Reptiles et Poissons.

BlBRO^ü, professeur d’Iiistoire naturelle , aide-naturaliste an Muséum d’Hl-itoire naturelle [G. 15.]

VAliElUCIENüIES , professeur-administrateur au Muséum d’ilis toire naturelle. ['' * i- 1

]?Iollusf|tieSi

ALCIDE D’ORBIGIXY, auteur du Voyage dans l’Amérique méridionale, membre (le la Soc. philomatique, etc. [A.d’O.]

DESHAYES , membre de la Soc. philomatique, etc. VALENGlËAiniES , prof.-adm. au Mus. il’Hist. nat.

[Desu ] [Val.i

Articulés.

(iusectes, Myriapodes, Arachnides, Crnstacés, Cirrltopodes, Anuélides, Helrniutliide.s, Systolide.s.)

ALDOl lY , D.-M., membre de l’Institut, professeur-adiniius- trateur au Muséum d’Ilistoire naturelle. [Aud.J

BL AAfill ARD ^ membre de la Soc. entomolog. de France. (Bl.] BOITARD , auteur de plusieurs ouvrages d’iiist. natur. [ Boit.] CHEVROLAT, membre de plusieurs sociétés savantes. [G ] DESM.AREST, secrét. de la Soc. entomolog. de France. [E D.)

DUJARDim, docteur ès-scienres , doyen de la Faculté de ces de Rennes.

Dt’PONCHEL, membre de plusieurs sociétés savantes GERVAIS , dort, ès-scienres, membre de la Soc. pliilom. LL'CA'S, membre de la Société entomologique <le France. Ml LAIE-EDWARDS, D.-M., membre de l’Institut, etc.

s SCIt'U-

[Dcj.]

fD.'i

[I’.'g 1

[H. L.) [M E.]

Zoopliytes ou Rayonnés.

(Échinoderiiies, Acalèphes, Foraminifères, Polypes, Spongiaires et Infusoires,)

ALCIDE D’ORBIGAiY, membre de ta Société philomati¬ que. etc. [A. d’O.]

DUJABDlAiy membre de la Soricté pliilomatiiiue, etc. [Duj. MILAIE-EDW'ARDS , D.-M., membre de l’Institut, etc. [M. L

Rotailique.

DE BRÉBlSSOAi , membre de plusieurs soc. savantes. [ Buér.]

lîUOAiGAilART , D.-M., membre de rlustitut, professeiir-adini- nistratciii au Muséum d’Ilistidre naturelle. [.\d. B.]

DECAISAE, aiile-naturali.ste au Muséum d’Ilislcire naturelle, (nombre do la S ociidé philomatique. [,1. D.]

DL'CIl ARTRE , docteur ès-sciences. C’-D.]

I>E JUSSIEU, D.-M., moinbiede l’Institut, pi ofesscur-admi- iiistrateur au Muséum d’Ilistoire naturelle. [Ad. J.]

LEMAIRE .ancien professeur de l’Université, membre de plu¬ sieurs sociétés savantes. J

MOiYTAGNE, D.-M., membre de la Société philomatique et

de plusieurs autres sociétés savantes. [U. M]

RICHARD, D.-M., membre de l’Institut, professeur à la la-

culté de médecine. L'A- J

SPACH , aide-naturaliste au Muséum d’ilist. naturelle. [Sp ]

Oéoloi^ie 9 minéralogie.

UOKDIER , membre de l’Institut, professeui -administrateur au Muséum d’ilistoire naturelle , pair de France , inspecteui-géiiéral des mines , conseiller d’Etat. [L. (5.]

DELAFOSSE , professeur de minéralogie à la Farulté des scien¬ ces, etc. [Del]

DESSOYERS , bibliotliécaire au M uséum d’ilist. nat. (Ques¬ tions géologiques sons le iioiiit de vue historique.) [.I. Desm .]

ÉLIE DE BEAUMOIXT , membre de rlustitut, piole,s3eor au Collège royal de France, ingénieur en chef des mmes,^<qc^

CHARLES D’ORRIGKY, membre de plusieurs sociétés savau

^ 1 vj . l) L/ . I

tes, etc. ^

COYSTAKT PRÉVOST , professeur de géologie à la Fafulte

[G.

des sciences, etc.

Cliiiiiie^ Physique et Astronomie.

ARAGO , ,sc( rélaiCc perpétuel de l’Académie des sciences, dé¬ puté, etc. [A R ]

BECQUEREL , membre de l’institut , piofesseur-administra- teur au Musenm d’ilistoire naturelle. ,[Becq.]

DUMAS, membre de l’Institut, professeur de rbimie à la Fa¬ culté de médecine et a la Faculté des sciences, etc. [Dcm.]

PELTIER, D.-M.. membre de la Société philomatique. [P ] PELOUZE , membre de l’Institut , professeur de clnnne au Collège royal de France et à l’École polytechnique, etc. [Pel.] RIVIÈRE, professeur de sciences physiques, de l’Université rovale.

Paris Imprimerie de Bourgogne et Martinet , rue .lacob, 3o-

UNIVERSEL

RÉSUMANT ET COMPLÉTANT

Tous les faits |)rt‘sentés par les Encyclopédies, les anciens dictionnaires scientiliciues, les (Envies complètes de Buffon, et les meilleurs traités spéciaux sur les diverses branches des sciences naturelles; Donnant la description des êtres et des divers phénomènes de la nature, l’étymologie et la définition des noms scientifujues , et les principales applieations des corps organi(|ues et inorgani([ues à l'agriculture , à la médêcine , aux arts industriels , etc.;

PAR MESSIELRS

ARÂGO, AUDOÜIN, BAUDEMENT, BECQUEREL, BÏBRON , BLANCHARD, BOITARD, DE BRÉBISSON , AD. BRONGNIART, CHEVROLAT, CORDIER , DECAISNE , DELAFOSSE , DESHAYES, DESMAREST, ,L DESNOYERS, ALCIDE ET CHARLES d’oRBIGNY , DUCHARTRE , DUJARDIN, DUMAS, DUPONCHEL, DUVERNOY, MILNE-EDWARDS, ÉLIE DE BEAUMONT, FLOURENS, ISIDORE GEOFFROY SAINT-HILAIRE, GERBE, GERVAIS,

AL. DE HUMBOLDT, DE JUSSIEU, DE LAFRESNAYE , LAURILLARD , LEMAIRE, LUCAS, MARTIN SAINT - ANGE , MONTAGNE,

PELOUZE, PELTIER, C. PRÉVOST, DE QUATRE FAGES,

A. RICHARD, RIVIÈRE, BOULIN, SPACH ,

VALENCIENNES, ETC.

DIRIGÉ PAR M. CHARIiES D’ORBIGNY,

Et enrichi d’un magnifique Atlas de planches gravées sur acier.

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TOME SEPTIÈME.

- o-o-OO O O-C-C^-o - - -

J. . ,

PARIS.

CHEZ LES ÉDITEURS MM. RENARD, MARTINET ET C'

RUE DE BUSSI, 6;

ET CHEZ

LANGLOIS ET LECLEKCQ, | FORTIN, MASSON ET G »,

Rue Je la Harpe , 81 . ' PI»'» «ie l’Ecele de-Médeciae . 1 .

itlfmfs inaifidiis , fl)e2 IT. AXicljelsfn , îl ITei^sig.

1846

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histowical ME»»CAL j

ÏÏjWSTB

DES ABRÉVIATIONS

EMPLOYÉKS DANS CET OUVRAGE.

(Les abréviations en petites capitales placées au commencement de cbaijue article indi(iueat la grande classe à laiiuelle il appartient.)

Acal. . . .

. Acalèphes.

yJam, ....

Mammifères.

Anal. . .

. Anatomie.

yjétn. . . .

Mémoire.

Ann. . . .

. Annales.

Méléor. . . .

Météorologie.

AnnéL. . .

. Annélides.

Min. ....

Minéralogie.

A racli . . .

. Arachnides.

Moll .

.Mollusques.

Astr. , . .

. Astronomie.

Miiriap. . , .

.Myrîapode.s.

I^ot .

. Botanique.

Ois .

Oiseaux.

Bot. cr. . .

. Botanique cryptogami-

Paléoin. . . .

Paléontologie.

que.

Pli. ou f^hun.

Phanérogame, ou

Hot. ph. . .

. Botanique phanéroga-

nérogaiirie.

inique.

Pin/ s .

Physique.

Bull .

. Bulletin.

Phifsiol. . . .

Physiologie,

Cliim. . . .

. Chimie.

PI .

Planche.

Cirrh. . . .

. Cirrhopodes.

P ois s .

Poissons.

Crusl. . . .

. Crustacés.

Polijp ....

Polypes, Polypiers

Echin . . .

Echinoderrnes.

ixad .

Badiaires

Fiq. , .

. Figure

Bept .

Reptiles.

Foramin. .

. Foraminifères.

Spoitg ....

Spongiaires.-

Foss. . .

. Fossile.

S y SK il .

Syslolidies.

G., ou g. . .

. Genre.

Syn.ou Synou

.Synonyme.

Eié.nl .

. Géologie,

lérai .

Tératologie.

fJelm. . . .

. Ilclrninlhidc.s.

ou Foy.

Voyez,

Hisl. nal. .

. Histoire naturelle. '

F idg .

Vulgaire.

Jnfii.s. . . .

. Infusoires.

Zool .

Zoologie.

lus .

. Insectes.

Zoopli. . , .

Zoophy tes.

DICTIONNAIRE

UNIVERSEL

D’HISTOIRE NATURELLE.

I

^lAOARETIlVGA ou JACARETINGA.

REPT. Groupe de Crocodiliens , d’après M. Spix {Lacert. Br'asil., 1825). Voy. croco¬ dile. (E. D.)

lACCHUS. MAM. Voy. ouistiti. lAIMTHINUS. MOLL. Voy. janthine. lASSUS. INS. Voy. JASSUS.

IBACUS. crust. Genre de l’ordre des Décapodes macroures , établi par Leach , et rangé par M. Milne-Edwards dans sa famille desScyllariens. Ce genre ne diffère que très peu des Scyllares , mais s’en distingue ce¬ pendant par la forme triangulaire de la cara¬ pace et quelques autres caractères. Chez les îbacus ^ la carapace est beaucoup plus lon¬ gue que large , et présente de chaque côté un prolongement lamelleux qui recouvre la majeure portion des pattes, à peu près comme cela se voit dans quelques genres des Dé¬ capodes brachyures, les Calappes, lesCrypto- podes, par exemple. Ces prolongements sont plus grands en avant qu’en arrière, d’où il résulte que la carapace se rétrécit posté¬ rieurement. On remarque aussi chez ces animaux une large et profonde fissure, qui, de chaque côté, divise ses prolongements clypéiformes en deux portions inégales. Les orbites , au lieu d’être placées tout près de l’angle externe de la carapace, en sont très éloignées. Enfin l’abdomen est très court, et se rétrécit brusquement d’avant en ar¬ rière. Les Crustacés qui composent cette coupe générique sont au nombre de trois, et habitent des mers très variées; on en trouve dans celles de l’Australie, d’Asie et des Antilles; I’Iracus de Péron, Ibacus Pc- ronii Leach, peut être considéré comme le type de ce genre. On en connaît une qua-

T. VII.

trième espèce, mais à l’état fossile, c’est V Ibacus MantelU Desm. (Scyllarus). Ce fossile a été trouvé sur les côtes d’Angle¬ terre, mais on ignore le terrain dont il pro¬ vient. (H. L.)

IBALIA. INS. Genre de la tribu des Cynipsiens, établi par Latreille , et adopté par tous les entomologistes. Les Ibalies se distinguent facilement de tous les autres genres de leur tribu par leur abdomen com¬ primé latéralement en forme de lame de couteau. La seule espèce connue de ce genre est ri. EN COUTEAU, L cultellatoî' {Banchus cultellator Fab.) , qui se trouve dans une grande partie de l’Europe. (Bl.)

nBALÏITES. Ibaliitœ. ins. Nous avons établi sous cette dénomination , dans la tribu des Cynipsiens , un groupe ne comprenant que le genre Ibalia. (Bl.)

IBEBE. Iberus. moll. Genre inutile proposé par Montfort pour des Hélices ca¬ rénées au pourtour, telles que V Hélix gual- teriana. Voy. hélice. (Desh.)

IBÉBIDE. Iberis (ISnptç). bot. ph. - Genre de la famille des Crucifères, tribu des Thlaspidées ou des Pleurohizeœ angustiseptæ deD.C.Tel qu’il est circonscrit aujourd’hui, et après les travaux de MM. Rob. Brown et De Candolle, il ne correspond plus qu’à une portion du groupe linnéen, qui comprenait, outre les vrais Iberis , des plantes rangées actuellement dans les genres Teesdalia, R. Brown, et dans la section Iberidelladu genre Ilutchinsia, R. Biwn. Dans le l**" volume du. Prodromus, De Candolle décrit 26 espè¬ ces d’ibérides ; à ce nombre ^ Walpers en a ajouté 5, portant ainsi le nombre total à 31 .

Les Ibérides sont des plantes herbacées

1

2

IBE

ou soüs-frutescentes , le plus souvent gla«* bres , quelquefois charnues , à feuilles al¬ ternes, linéaires ou obovées, entières, den¬ tées ou pinnatifides , quelquefois épaisses , dont les fleurs blanches ou purpurines sont disposées en grappes corymbiformes , d’a¬ bord raccourcies et presque ombellées, s’al¬ longeant en général plus tard. Chacune de ces fleurs se compose d’un calice à 4 sé¬ pales égaux, non renflés à leur base, dressés ; d’une corolle à 4 pétales inégaux, les deux extérieurs étant toujours plus longs, sur¬ tout dans les fleurs qui forment le rayon de l’inflorescence; de 6 étamines tétrady- names à file't entier et sans dents. Le fruit qui leur succède est une silicule comprimée et presque plane, ovale à la base, échancrée au sommet, à 2 valves marginées ou ailées, à floîson fort étroite. Les graines sont soli¬ taires dans chacune des deux loges, ovales, suspendues. Parmi ces divers caractères, les plus essentiellement distinctifs sont l’iné¬ galité des pétales , l’absence de dents aux filets des étamines et les graines solitaires. Les Ibérides appartiennent à l’Europe et à l’Asie, et plus particulièrement à celles de leurs parties qui bordent ou avoisinent la Méditerranée. Environ 12 d’entre elles crois¬ sent spontanément en France, ou sont cul¬ tivées fréquemment dans les jardins. Nous nous arrêterons un instant sur celles de leurs espèces qui figurent parmi les plus communes de nos plantes d’ornement.

1. Ibéride OMBELLiFÈRE, Iberis umbellata Linn. Cette espèce est originaire des par¬ ties les plus méridionales de l’Europe ; on dit même qu’elle arrive jusqu’à Nice. Elle est très commune dans les jardins, elle est connue vulgairement sous les noms de Thlaspi , Taraspic. C’est une plante an¬ nuelle, haute d’environ 3 décimètres, gla¬ bre dans toutes ses parties ; ses feuilles sont lancéolées, acuminées, les inférieures den¬ tées en scie, les supérieures très entières. Ses fleurs sont blanches ou d’une jolie cou¬ leur violette ou purpurine , disposées en grappe raccourcie, de manière à se trouver à peu près sur un même plan , et à imiter jusqu’à un certain point une ombelle ; de son nom spécifique. Ses silicules sont bi- lobées au sommet , à lobes très aigus. On sème cette espèce principalement au prin¬ temps, et alors elle fleurit en juillet; mais

IBÎ

on la sème aussi à d’autres époques , de manière à l’avoir en fleurs pendant plus longtemps. Les semis se font ordinaire¬ ment en place.

2. Ibéride toujours fleurie, Iberis sem- perflorens Linn.- Cette espèce est plus con¬ nue sous ses noms vulgaires de Ibéride de Perse , Thlaspi vivace. Elle croît spontané¬ ment sur les rochers en Sicile et aussi , dit- on , en Perse. Elle est frutescente et forme de jolies touffes ; ses feuilles sont épaisses, en coin ou spatulées, obtuses, très entiè¬ res, glabres , persistantes ; ses fleurs sont très blanches, disposées en grappes corym¬ biformes; elles se montrent pendant plu¬ sieurs mois de suite, surtout quand on tond la plante. Cette espèce se multiplie ordi¬ nairement de boutures que l’on peut faire pendant tout l’été. Pendant l’hiver on la conserve en orangerie. La culture en a obtenu une variété à feuilles panachées.

3. Ibéride toujours verte , Iberis semper-^ virens Linn. Cette Ibéride croît sponta¬ nément sur les rochers de l’iie de Candie ; elle est très répandue dans les jardins, on en fait de très belles bordures qui se couvrent entièrement de fleurs blanches; avant et après la floraison , ces bordures sont encore d’un très bel effet par la fraî¬ cheur constante de leur verdure. L’Ibéride toujours verte est frutescente, plus basse que l’espèce précédente, mais plus rustique et passant parfaitement l’hiver en pleine terre. Ses feuilles sont oblongues, obtuses, atténuées à leur base, glabres; ses fleurs sont disposées en grappes allongées ; ses si¬ licules sont creusées à leur extrémité d’une échancrure étroite. On la multiplie sans peine de graines et par marcottage.

Parmi nos espèces indigènes , il en est quelques unes qui figureraient très bien dans les jardins , et qui , améliorées par la culture, pourraient probablement rivaliser avec les précédentes; telles sont, par exem¬ ple, les Iberis pinnala , amara ^ Gar- rexiana, etc. (P. D.)

IBÉRITE. MIN. Syn. de Zéolithe.

IBE\. MAM. Nom scientifique du Bou¬ quetin. Voy. chèvre,

nBIDIOIV (dimin. d’rScç, ibis), ins. - Genre de Coléoptères subpentamères, tétra- mères de Latreille, famille des Longicornes, tribu des Cérambycins , créé par Serville

IBÏ

IBI

3

(Ann. de la Soc. ent, de Fr. y t. III, p. 103), çt qui a pour types : les Slencecorus Ândreæ, lœsicollis deGerniar; les Ib. comatum, sex~ guUatum y pictuni Dej. , et chenus New. {dimidialicorne Dej.). 28 espèces, toutes d’A¬ mérique, sont mentionnées au Catalogue de M. Dejean , mais on en connaît aujourd’hui plus de 40. Le corps et surtout le corselet des Ibidion sont allongés, subcylindriques. Les genoux et l’extrémité des élytres offrent une ou deux épines. (G.)

"'^IBlDOiUIYAQUE. Ibidorhyncha , Vig. OIS. Voy. CLoniiYNCHUS. (Z. G.)

IBIJAU. OIS. Section des Engoulevents. Voy. ce mot.

IBIBA , Marcg, bot. ph. Syn. de Xy- lopia, Linn.

IBIS. Ibis. OIS. Genre de la famille des Échassiers Longirostres , caractérisé de la manière suivante : Bec allongé, arqué , presque carré à sa base , arrondi et obtus à la pointe; narines petites, situées à la base du bec , s’ouvrant en dessus et se prolon¬ geant en un sillon qui s’étend jusqu’à l’ex¬ trémité de la mandibule supérieure ; tête et partie supérieure du cou emplumées ou nues ; doigts au nombre de quatre , trois antérieurs réunis à la base par une mem¬ brane, le pouce appuyant à terre sur plu¬ sieurs phalanges.

Les Ibis , considérés tantôt comme des Tantales, tantôt comme des Courlis, ont été réunis par les divers auteurs qui se sont oc¬ cupés de classification, soit aux uns, soit aux autres de ces oiseaux. G. Cuvier, à qui est due la création du g., avait lui-même con¬ fondu , en premier lieu , les espèces qui ac- tellement le composent, avec les Courlis; mais il ne tarda pas à les en séparer, et son exemple a été suivi depuis par tous les méthodistes. La séparation des Ibis des au¬ tres oiseaux voisins auxquels on les asso¬ ciait est, on peut le dire, pleinement justi¬ fiée par les caractères différentiels qu’ils présentent! Si les Ibis offrent quelque con¬ formité avec les Tantales, ils s’en éloignent trop cependant par un bec plus grêle , plus arqué et par des tarses moins élevés, pour qu’on doive ne pas les confondre; si, d’une autre part, la place que leur donnaient quel¬ ques ornithologistes dans le g. Numenius ( Courlis) paraît motivée sur les grands rap- orts qu’ils ont avec ces oiseaux , l’on ne

saurait méconnaître qu’ils se séparent éga¬ lement de ceux-ci. En effet , le pouce, chez les Ibis, au lieu de n’appuyer à terre, comme chez les Courlis, que par l’extrémité de la dernière phalange, y repose , au contraire , dans presque toute son étendue. Indépen¬ damment de ces caractères, qui ont paru suffisants pour légitimer le g. créé par G. Cuvier, l’on pourrait dire aussi que les Ibis se distinguent encore des Courlis, avec les¬ quels ils ont le plus d’analogie , par leur système de coloration.

En général, les Ibis vivent en société par petites troupes de 6 à 10, et quelquefois davantage : l’Ibis à front nu seul ferait ex¬ ception à cette règle ; car, dit-on, il vit iso¬ lément. Leurs mœurs et leurs habitudes sont douces et paisibles. On ne les voit ja¬ mais, comme nos Courlis, s’élance!’ et cou¬ rir avec rapidité , mais ils marchent lente¬ ment et d’un pas mesuré. Quelquefois ils restent des heures entières à la place ils viennent de s’abattre ; leur seule occupation alors est de fouiller la vase au moyen de leur bec, pour y découvrir quelque pâture. Les individus d’une même bande s’isolent rarement; ils se tiennent, au contraire, as¬ sez constamment près les uns des autres.

Les terrains bas, humides, inondés, ma¬ récageux , les rizières , les bords des grands fleuves sont les lieux que les Ibis fréquen¬ tent; les besoins de subsistance les y atti¬ rent et les y retiennent habituellement. C’est seulement là, en eflet, qu’ils peuvent rencontrer les vers, les insectes aquatiques, les petits coquillages fluviatiles, tels que les Planorbes, les Ampullaires, lesCyclosto- mes, dont ils font leur principale nourri¬ ture. Tel n’est cependant pas l’unique ré¬ gime des Ibis ; ils vivent aussi d’herbes'ten- dres et de plantes bulbeuses qu’ils arrachent du sol. On a longtemps cru, mais à tort, que l’Ibis sacré et l’Ibis vert étaient ophiopha- ges ; ces espèces n’ont pas un régime diffé¬ rent de celui de leurs congénères.

Les Ibis sont migrateurs; leurs courses s’étendent fort au loin , et ils parcourent dans leurs excursions les contrées chaudes des deux continents. Ainsi que la plupart des grands Échassiers, ils ont en volant le cou et les pattes étendus horizontalement; comme eux aussi , ils poussent par inter¬ valle des cris bas et rauques dont le mode

4

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et la force varient selon les espèces ; enfin, ils ont encore de commun avec la plupart (j’entre eux, la faculté de se peicher sur les arbres. >

Chez toutes les espèces d’Ibis la monoga¬ mie est un fait naturel : les couples sont in¬ dissolubles ; il n’y a que la mort ou un autre accident fâcheux pour l’un des deux contractants qui puisse détruire l’union qui existe entre le mâle et la femelle, L’uii et l’autre travaillent en commun à la construc¬ tion du nid, qui consiste en petites bû¬ chettes et en brins d’herbes. Quelques es ¬ pèces nichent à terre; le plus grand nombre niche sur les arbres élevés. La ponte est de deux ou trois œufs blanchâtres ; le terme de leur éclosion est de vingt-cinq à trente jours. Les petits, comme chez les Grues, les Hérons, etc., sont nourris dans le nid jus¬ qu’à ce qu’ils soient assez forts pour voler. Ils naissent couverts de duvet. On a constaté que les jeunes de certaines espèces, de l’Ibis rouge, par exemple, s’apprivoisent avec la plus grande facilité, et que la chair de ceux qui viennent de quitter le nid est très bonne à manger, ce qu’on ne peut dire de la chair des adultes.

C’est principalement au type du g. dont je viens d’esquisser Lhistoire des mœurs et des habitudes; c’est à l’espèce aujourd’hui connue sous le nom d'Ibis sacré, que les Egyptiens rendaient jadis les honneurs di¬ vins. 11 est peu de personnes qui ne con¬ naissent cet oiseau , ou du moins qui n’en aient entendu parler. La vénération dont il a été l’objet dans l’ancienne Égypte a imprimé à son nom un caractère de célébrité qu’il n’est pas permis d’ignorer. Cette vénération, que la superstition exagéra, nous est attestée par l’histoire même que les auteurs de l’an¬ tiquité nous ont laissée du peuple égyptien , par les débris des monuments de ce peuple, et par les preuves matérielles qui sont res¬ tées comme témoignage irrécusable des honneurs que l’on rendait à l’Ibis sacré après sa mort naturelle ; ces preuves sont les momies, sans lesquelles, peut-être, l’in¬ certitude régnerait encore sur cet oiseau des anciens.

C’est en reconnaissance des services sup¬ posés que ribis rendait à l’Égypte , que l’Egypte à son tour l’honorait comme une divinité propice.il détruisait, disait-on.

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les Serpents ailés et venimeux qui , tous les ans, au commencement du printemps, par¬ taient de l’Arabie pour pénétrer en Égypte. L’Ibis allait à leur rencontre , dans un dé¬ filé ils étaient forcés de passer, et il les attaquait et les détruisait tous. Il est impossible de dire l’origine de cette fable, parla raison qu’elle parait s’être transmise longtemps par tradition, avant que les pre¬ miers écrivains l’aient fixée ; mais ce qui a le plus contribué à l’accréditer, c’est, sans contredit , un passage d’Hérodote ( Hist. d’Euterpe, chap. 75) dans lequel cet histo¬ rien prétend s’être rendu exprès dans un lieu voisin de la ville de Buto, etî Arabie, pour prendre des informations sur les Ser¬ pents ailés, et avoir vu à son arrivée dans ce lieu « une quantité prodigieuse d’os et d’épines du dos de ces Serpents » que les Ibis avaient détruits dans des combats an¬ térieurs. Après Hérodote, Cicéron dans son livre premier de la Nature des Dieux, Pom- ponius Mêla dans son Hist. de rUnivers, So- lin, Amrnien , Elien, etc., ont reproduit ce conte d’une manière plus ou moins con¬ forme à la sienne. On ne saurait douter que ce ne soit à cette opinion, répandue dans tous les livres anciens, et générale¬ ment reçue sans examen, même jusqu’à ces derniers temps, que sont dues tant de mé¬ prises sur l’oiseau que les Égyptiens véné¬ raient. On a voulu le retrouver avec cet at¬ tribut que les peuples de l’antiquité lui ac¬ cordaient, de tuer et de manger des Ser¬ pents , et dès lors les uns ont dit que l’Ibis sacré était une Cigogne', les autres l’ont confondu avec quelques espèces de Hérons, d’autres enfin ont cru le reconnaître dans une espèce de Vautour ( Vult. perenopterus). Aujourd’hui , grâce aux momies trouvées dans les puits de Saccara , dans les cata¬ combes de Memphis et de Thèbes , on sait positivement quelle fut, ou plut(3t quelles furent les espèces auxquelles l’Egypte ren¬ dit les honneurs divins , car ces momies laissent constater que l’Ibis vert ou noir d’Europe {Ib. falcinellus) et l’Ibis sacré {Ib. religiosa) iuranl également un objet de vé¬ nération.

M. Savigny, dans un excellent travail {Hist. mythologique de l’Ibis) il a eu pour but de rechercher quelle lut la cause pro¬ bable de cette antique vénération, est arrivé

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à cette conséquence, que l’Ibis n’a été l’ob¬ jet de tant de respect, que parce que son apparition en Égypte annonçait le débor¬ dement du Nil, et non parce qu’il délivrait cette terre des Serpents venimeux. « Au milieu de l’aridité et de la contagion, dit-il, fléaux qui de tout temps furent redoutables aux Égyptiens , ceux-ci s’étant aperçus qu’une terre rendue féconde et salubre par les eaux douces était incontinent habitée par ribis , de sorte que la présence de l’un in¬ diquait toujours celle de l’autre (autant que si ces deux choses fussent inséparables), leur crurent une existence simultanée, et suppo¬ sèrent entre elles des rapports surnaturels et secrets. Cette idée , se liant intimement au phénomène général duquel dépendait leur conservation , je veux dire aux épan¬ chements périodiques du fleuve, fut le pre¬ mier motif de leur vénération pour l’Ibis, et devint le fondement de tous les hom¬ mages qui constituèrent ensuite le cuite de cet oiseau. »

Quel que soit le motif qui ait établi ce culte, il ne reste pas moins vrai qu’on re¬ gardait l’Ibis comme une divinité ; qu’on l’élevait dans les temples; qu’on le laissait errer librement dans les villes; qu’on pu¬ nissait de mort celui qui, par mégarde même, était le meurtrier d’un de ces oiseaux ; qu’on le recueillait religieusement après sa mort pour l’embaumer et le déposer après dans les catacombes (1); enfin, que l’Ibis était une des quatre idoles ou emblèmes que les Égyptiens faisaient apporter dans leurs ban¬ quets solennels, et que l’on promenait alen¬ tour des convives. On en fit le sujet de nom¬ breuses allégories; on l’associa aux mystères

(i) M. Savigny, qui a visité, lors de l’expédition d’Egypte, callesde ces catacombes qui, sous le nom de puits des oi¬ seaux, faisaient partie de la nécropole de Memphis ( nécro¬ pole qui, pour le dire en passant, n’avait pas moins de dou/.e lieues de circonférence) , dit que dans les chambres souter¬ raines qu’il a parcourues se voyaient encore un très grand

nombre de pots renfermant des momies, rangés en ordre les uns sur les autres. Ces pots ont depuis douze jusqu’à dix-huit pouces de hauteur; leur forme est conique; ils sont d’une tarre rouge, grossière, ordinairement très cuite, et ne lais¬ sant apercevoir k l’exléiieur aucune trace de leur liaute an¬ tiquité. Le Muséum d’histoire naturelle de Paris possède quelques uns de ces pots pourvus encore de leur momie. L'Ibis, avant d’ètre intioduit sous cette dernière forme dans l’enveloppe solide qui devait le protéger, subi.ssait nécessai¬ rement une préparation qui constituait ce qu’on apiielle l’embaumement. Les personnes qui faisaient métier d’> m- baumer agissaient de la manière siiivunte. Une première opération ronsi.stait à priver l’ibi.s de tousses viscères ; cela

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d’Isis et d’Osiris; quelquefois on reprévSenin Isis ayant, avec un corps de forme humaine, une tête d’Ibis.

L’esprit d’un peuple naturellement su¬ perstitieux est fécond en fables; aussi l’Ibis passa-t-il pour être Tolh ou Mercure , leur législateur ; Mercure qui, descendu des cieux, avait pris la forme de cet oiseau pour leur dévoiler les arts, les sciences et leur décou¬ vrir la nature des dieux. On fut même jus¬ qu’à lui attribuer une pureté virginale, et à prétendre qu’il se fécondait et engendrait par le bec. L’attachement qu’il avait pour l’Égypte, dont il était l’emblème, était, dit- on, si grand, qu’il se laissait mourir de faim lorsqu’on le transportait hors des limites de son pays de prédilection. Tout, chez l’Ibis, devait être extraordinaire et merveilleux. Il n’est pas jusqu’aux plumes de cet oiseau auxquelles on ne reconnût la propriété de frapper de stupeur, et quelquefois de mort, les Crocodiles ou les Serpents qui en étaient touchés. Les prêtres, par qui se propageaient et se perpétuaient tous ces contes , préten¬ dirent encore que la chair de l’Ibis ne se corrompait pas , et que l’on ne pouvait assi¬ gner un terme à l’existence de cet oiseau, tant elle était de longue durée (1). Ceux d’Her- mopolis, au rapport d’Apien, en possédaient un dans leur temple qu’ils disaient être im¬ mortel. Enfin, ces mêmes prêtres, comme conséquence de cette opinion , que l’Ibis était le symbole de la pureté, n’ernployaient d’autre eau pour leurs ablutions et leurs pu¬ rifications que celle dans laquelle cet oi¬ seau allait se désaltérer.

]\Iais les croyances des Égyptiens d’autre¬ fois sont loin d’être celles du peuple d’É-

fait, ft les ailes étant lainenées à leur position naturelle , ou couchait la tète de l’oiseau au-dessous de son aile gauche , de façon que le bec dépassât la queue d’un pouce envi¬ ron ; puis on fléchissait se.s jambes et on les engageait par les genoux sous le sternum. Toutes ces précautions piises, l'Ibis était plongé dans un bain de bitume , et enveloppé après dans des bandelettes épaisses et serrées, au-dessus desquelles se croisaient d’autres bandelettes maintenues elles-mêmes par divers tour s de fils artistement arrangés. Ce n’est qu’après celte succession d’opérations que les pots ou vases coniques dont il vient d’étic question l ei evaient les Ibis, Ces vases, poui vus d’un couvercle de même nature , étaient bermétiqueiiient scellés au moyen d’un ciiiient gri¬ sâtre.

(i) On ne sera pas surpris de la longévité que les pretres égyptiens attribuaient k l’Ibis, lorsqu’on saura que ces me¬ mes prêtres prétendaient que la vie de l’Epervier (autre di¬ vinité de leur façon ) pouvait s'étendre jusqu’à sept cents

ans.

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gypte d’aujourd’hui. 11 est loin d’avoir hé¬ rité entièrement de l’antique vénération pour l’Ibis. Les habitants des bords du Nil le chassent, de nos jours, au fusil et au filet, et, qui plus est, le mangent, sans respect pour les lois de Moïse , qui avait, dans ses ordonnances, placé cet oiseau parmi les ani¬ maux dont la chair est impure.

Aussi, depuis que l’Égypte est pour ainsi dire devenue pour l’Ibis une marâtre , ce pays paraît ne plus être pour lui un pays de prédilection. On ne l’y rencontre qu’en très petit nombre et pendant un certain temps de l’année , encore ne s’y arrête-t-il que fort peu de temps ; il ne s’approche même pas du Caire. Sa disparition d’un lieu où, au dire d’Hérodote, « il était si fréquent, qu’on en rencontrait à chaque pas , » pro¬ vient sans doute en partie de la chasse qu’on lui a déclarée, et en partie surtout du chan¬ gement survenu dans la nature môme du pays, trop aride et trop sec maintenant pour lui fournir une nourriture abondante. Pour¬ tant M. Savigny, à qui nous devons les dé¬ tails les plus intéressants sur cet oiseau, qu’il a eu l’occasion d’observer dans les en¬ virons de Damiette, deMenzalé, mais sur¬ tout près de Kar-Abou-Saïd, sur la rive gauche du Nil , dit, d’après le rapport des habitants , qu’on l’y voit encore , mais seu¬ lement pendant la crue du Nil ; il en part lorsque l’inondation cesse. Cette émigration, quia lieu vers le milieu de juin, semble coïncider avec son apparition en Éthiopie , Bruce l’a vu arriver à peu près à cette époque.

Un autre fait non moins surprenant que celui de la disparition ou mieux de la dimi¬ nution considérable de l’Ibis sacré, est celui qui a rapport à l’incertitude du lieu de sa reproduction. On ne sait positivement plus il niche.

Des 18 ou 20 espèces appartenant au g. Ibis, une seule se rencontre en Europe ; les autres se trouvent en Afrique, en Asie et en Amérique.

La plupart des auteurs ont considéré les Ibis comme formant une division unique ; quelques autres ont ‘essayé de les grouper dans plusieurs sections, qui sont devenues pour plusieurs méthodistes modernes autant de sujets de g. distincts. J’adopterai en par¬ tie pour la distribution des espèces la mé¬

thode qu’avait suivie Wagler dans son Sys- tema aviwn, c’est-à-dire que je ne considé¬ rerai ici les divisions introduites dans le g. Ibis qu’à titre de groupes ou sections secon¬ daires.

1“ Espèces à corps robuste, à tarses un peu plus longs que le doigt du milieu , y com¬ pris l’ongle, et à queue égale. (G. Ibis, Eu- docimus, Wagl.)

1. L’Ibis sacré, Ib. religiosa Cuv. ( Hist. d’Égypte, pl. 7), blanc, à l’exception de l’extrémité des grandes rémiges, qui est d’un noir cendré, et de celle des rémiges moyen¬ nes, qui est noire, avec des reflets verts et violets. Habite la Nubie, l’Égypte, le Cap.

2. L’Ibis de Macé, Ib. MaceiWag]. (Cuv., Ann. du Mus. d’hist. nat., t. IV), semblable au précédent, mais la première rémige seule noire à son extrémité, et les rémiges secon¬ daires faiblement terminées de noir. Habite l’Inde et le Bengale.

3. L’Ibis a cou blanc , Ib. alba Vieill. {Wils., Americ. ornith., pl. 66, f. 3), blanc, à l’exception de quatre rémiges primaires , qui sont terminées , dans une grande éten¬ due, par un noir verdâtre brillant, à reflets métalliques. Habite le Brésil.

4. L’Ibis ROUGE, Ib. rubra Wagl. (Buff. , pl. enl., 81, et Wils., Am. ornith., pl. 66 , f. 2 ) , d’un beau rouge vermillon , à l’ex¬ ception de l’extrémité des rémiges qui est noire. Habite l’Amérique méridionale et la Guiane.

Espèces à corps moins trapu, à tarses écussonnés et grêles , beaucoup plus longs que le doigt du milieu , et à