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Conservation work performed

with funds from the 1993/94

NEW YORK STATE

CONSERVATION/PRESERVATION

DISCRETIONARY GRANT PROGRAM

HISTOIRE

PHYSIQUE, POLITIQUE ET NATURELLE

LILE DE CUBA.

IMPlUMtKli: \}L Mr VcliOUCHAKD-HÜZARD, rué de I'Ejieron ,

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HISTOIRE

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IM1YSKJUE, POLITIQUE El NATUB£filSg^£)£Nb &V

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LILE DE CUBA

M. RAMÓN DE LA SAGRA,

DIRECTEUR DU JARDÍN BOTAN IQUE DE LA HAVANE ,

CORRESPONDAN! DE l/lNS 11TUT P.OYAI. I> t l'l'.AM i: , ETC.

BO.TANIQU3E, PILANTES CELLUl, AIRES

PAR CA.M1LLE MONTAGIVE.

PARÍS,

ARTHUS BERTRAND, ÉD1TEUI!,

UBflAint DE LA IOC1BT1 DE ..I KMIA l'!l 1 1 Kl I", hmhiiii iimíl.l III. s 1.1 MU uní •. Ul M'W ,

1. 1 i. ii \ n r.i El ii i.i. , ■■'■'■

18S8-184SS.

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PLANTES CELLÜLAJRES ,

CAMILLE MONTAGNE,

U. M. , ÍBEVALIBR DR LA LEGIÓN D BONNEÜP. , MEMBRE DE LA. SOClfTl PH ILO."» ATRH.'U fc Of. í'AKIs DK L'ACADÉMIR IMPÉRTALE LE.üpOLDl \-0-CAROLlNE DES CíJRlEUX DE LA NATURA ET Df l. *■: vm *] ¡ L ROTAI

DES SCIENCES DE TÜRIN ;

CORRESPONDAN! DE L ACADfcMlG ROYALE DES SCIENCES,

DE l'iNSTVTDT ROY Al. d'eNCOÜRAOEMENT POUR LES SCIENCES NiTURíLítN

BT DF. LACADIMIE PONTANIF.NNE DE NAP1.LSJ

l>t l'aCAOKMH ROYALE DES SCIENCES NATÜRELLES DE MADRID, DE CELLE DES CEORGOrtf'.LfiS ÜL rLOBANCJ

DC3 JOCIETfcS LINNIENNES Ofi LYON ET flORDI AL1.

HISTOIRE

PHYSIQUE, POLITIQUE ET NATUREIXE

DE

LILE DE CUBA.

BOTANIQUE.

INTRODUCTION.

L'ile de Cuba, cette reine des Antilles, est, pour la pre- miare fois, l'objet d'un travail de la nature de celui que nous soumettons aujourd'hui au jugement des botanistes. II faut a peine s'en étonner , car si les richesses vegetales d'un ordre supérieur ou les phanérogames propres á ce beau pays sont imparfaitement connues du monde savant , á plus forte raison doivent étre encoré ignorées les plantes que nous allons tácher de faire connaitre. Pour étre d'une infériorité manifesté sous le rapport de l'organisation , ees végétaux n'en méritent pas moins d'attirer nos regards tant par la regulante et l'élégance souvent remarquables de leurs formes que par leur utilité dans les arts et l'éco- nomie domestique.

Mais ce n'est pas sous ees seuls rapports que les plantes eellulaires, ainsi nommées en raison de leur texture, peu- vent nous oíTrir quelque intérét ; plus philosopbiquenient étudiées qu'elles ne l'ont été , en general, jusqu'á ce jour,

BOTANIQUE. I

II BOTANIQUE.

ellcs nous promettent la solution d'une foulc de problémes relatifs soit á la structure anatomique , soit á la pbysiolo- gie des plantes d'une organisation plus compliquée (1). Je me bornerai, par exemple, a rappeler les Recherches ana- iomiques et physiologiques de M. de Mirbel , sur le Mar- chantía polymorpha (2), lesquelles ont amené des resultáis si inattendus et d'un si haut intérét pour la science. Nul doute que des travaux entrepris dans une méme direction ne conduisent á des découvertes d'une méme portee scien- tifique, pourvu toutefois qu'ils soient suivis avec cette patience infatigable et cette rare sagacité qui distinguent le célebre physiologiste qui a laissé un si bel exemple á imiter.

Mais , abstraction faite de toute application , on ne sau- rait véritablement imaginer l'intérét toujours croissant, toujours nouveau que cette étude inspire á ceux qui y con- sacrent leurs loisirs , ni se faire une juste idee de la satis- faction dont elle recompense les eíForts qu'ils tentent pour pénétrer dans les secretes profondeurs de ce merveilleux microcosme. Ceux-lá seuls le savent , qui l'ont éprouvé. Se bornát-on, en effet , á la ~ontemplation puré et simple des objets naturels, quel plus noble exercice pour l'intelligence, quel plus noble plaisir pour l'ame ? Les mille et mille for- mes, toutes plus éV.gantes ou plus bi? arres les unes que les autres, sous lesquelles ees objets s'offrent a l'observa- teur, ne sont-elles pas suílisantes pour exciter vivement son attention et le teñir sous le charme d'une incessante admiration? car, comme l'a dit un philosopbe illustre, si Dieu est grand dans les grandes dioses qu'il a créées , sa

( i ) The structure of these plants is among the most important subjeets of con- templation , for tbose who Avish to become acquainted with the exact laws of ve- cetation. They represeut the organised matter, of vrhich all otlier plants are composed , both in its simplest state and Avhen it begins to enter into a state of bigh composition. In short, it is here that the physical properties of elemen- tary vegetable matter can be most usefully studied. Lindley , A Natural Sys- tem of Botany, p. 4 19.

(2) Mirbel, Recherches analomiques et physiolngiques sur le Marchantía poly- morpha, pour servir á Fhistoire du tissu cellulaire, de répiderme et des sto- mates.

liMKODUCJIUN. 111

grandeur esl encoré plus manifesté dans les inlinimeni petites.

Que si , au contraire , dans notre égoisme qui n' estime les dioses qu'en raison de leur utilité matérielle ou pro- chaine , nous voulons considérer sous ce point de vue les plantes cellulaires prises dans leur généralité , nous voyons qu'une grande quantité d'espéces peuvent servir et servent effectivement a la nourriture de l'homme ou des animaux qu'il a soumis a son empire. C'est ainsi qu'un nombre con- siderable de Cbampignons lui procure un aliment aussi sain qu'agréable au goút. Si Ton m'objecte que , par une deplorable compensation , les poisons les plus subtils sont aussi caches dans cette classe de végétaux et paralysent en quelque sorte la sage prévoyance de la nature en la rendant illusoire ou dangereuse, je répondrai que cela n'en demon- tre que mieux encoré Turgente nécessité de se livrer á l'é- tude difficile de ees plantes , ne fiit-ce que pour apprendre a distinguer d'une maniere süre les bonnes espéces des mauvaises , et a utiliser ainsi une masse tres grande d' ali- ment répandue a la sur face de la terre. Mais ce n'est point a l'homme seul que les végétaux de cette immense famille sont capables de nuire ; tous les agriculteurs savent quelle désastreuse influence peut avoir leur développement para- site sur les cereales , les oliviers, les orangers et beaucoup d'autres plantes. L'histoire de la Muscardine est la pour témoigner aussi qu'ils n'épargnent pas davantage les ani- maux, et que, dans la lutte qui s'engage entre eux et ees derniers , ils ne l'emportent malheureusement que trop souvent pour notre industrie (1).

Dans les contrées peu favorisées sous le rapport de leur sol , les Algues oífrent aussi a l'homme une alimentation ahondante. Ainsi, dans le nord de l'Europe, on mange

(i) Voyez Recherches anatonüques et physiologiques sur la maladie conta- gieuse qui atlaque les vers a soie , et qu'on designe sous le nom de Muscardine, par M. Audouin, et Expériences el observations sur le Champignon entomoctnru- ou Histoire botanique de la Muscardine, par le docteur C. Montagne. Voyez en core le Rapport de M. Dutrochct , membre de l'Institut, sur ees deux me'moires: Cumples rendas des séances de V ' Acad. des Se, •>•>. jain'icr i S :J S .

IV BOTAN IQL'E.

les Halymenia eclulis et palmata , la Luminaria saccha- rina, XUlva Lactuca, la Porphyra purpurea et beaucoup d autrcs espéces. Au Chili, on vend au marché pour l'usage de la table 1' enorme Laminaire a laquelle M. Bory a attaché le nom de Durvillcea utilis. La Laminaria potatorum , d'un volume non moins extraordinaire, sert aussi d'aliment aux habitants de l'Australie.

Les Lichens fournissent en méme temps dans l'un de leurs représentants , le fameux Lichen d'Islande [Cetraria islándica), un aliment doux et sain, propre a nourrir sans exciter , et un remede dont les propriétés , efficaces dans quelques aíTeclions chroniques de la poitrine, ont été cons- tatées et éprouvées par une longue expérience. Un autre Lichen, le Cladonia rangijerina, s'est acquisune égalecé- lébrité par les services qu'il rend en Laponie on l'em- ploie a la nourriture des Rennes.

Passons actuellement aux usages économiques de ees plantes ; nous verrons que les Algues rejetées sur nos cotes ou récoltées sur les rochers que le reflux de la mer laisse a sec donnent aux cultivateurs un excellent engrais; qu'in- cinérées et convenablement traitées , elles fournissent la solí de et l'iode , substances précieuses par leurs applications dans les arts et la médecine, et qu'enfin c'est encoré parmi elles que se rencontre ce vermifuge autrefois si usité contre les vers qui affligent Fenfance. Les Lichens ne le cédent point aux Algues pour l'importance des produits qu'en a retires l'art chimique. Quoique l'onconnút, depuis les temps les plus recules , les propriétés tinctoriales de plusieurs es- péces de cette famille , il est juste toutefois de reconnaitre que c'est aux savantes analyses de l'un de nos plus hábiles chimistes que l'on doit l'orcine. M. Robiquet, en opérant sur plusieurs espéces de Lichens du commerce, en a retiré ce principe a l'état cristallin. Quoique parfaitement inco- lore , il suííit de mettre l'orcine en contact avec l'ammo- niaque , méme a l'état de gaz , pour en obtenir instan- tanément cette magnifique couleur pourpre que les mo- dernes ne prisent pas moins que les anciens. C'est une

IHTRODÜCTION. V

des mille merveillcs sorties des laboratoires de nos chi- mistes.

Les Champignons ne sont plus guére employés dans l'économie domestique ni dans la médecine. Le fameux bolet du Larix (Polyporus qfficinalis) , d'un usage si fréquent comme purgatif chez les anciens , est tota- lement inusité de nos jours. Les seuls Poljporus Jo- me ntarius et igniarius servent encoré á confectionncr l'amadou , substance absórbante que la chirurgie rao- derne n'a pas entiérement exclue de sa thérapeu- tique.

Quant a l'ordre des Muscinées , le Marchantía po- Ijmorpha est la seule espéce que quelques rares médecins modernos emploient encoré comme diurétique.

Je n'ai parlé jusqu'ici que des usages économiques des végétaux cellulaires ; il ne serait pas moins intéressant d'énumérer ou de mentionner seulement ceux auxquels la nature les destine pour le maintien des lois éternelles qu'elle a établics dans l'ordre des végétations successi- ves; mais, comme cela m'entrainerait trop loin hors de mon sujet , je terminerai ici le resume deja assez long des avantages immédiats que l'homme retire de ees végé- taux.

II resulte nécessairement de tout ce qui precede que c'est a tort qu'on a beaucoup trop négligé parmi nous et qu'on néglige encoré l'étude philosophique des plantes inférieu- res. Loin de mériter le dédain que Ton anéete pour elles, dédain qui n'est pas toujours de bonne foi , ees plantes ne sont pas moins dignes que celles dont la structure est plus compliquée d'exciter au plus haut degré et notre curiosité naturelle et notre profonde admiration. Soit qu'on les en- visage sous le triple rapport de leur emploi dans l'économie domestique , de leur utilité dans les arts ou de cette sim- plicité de composition dont la physiologie peut retirer tant de profit, soit qu'on n'y cherche qu'une simple et doucc distraction a d'autres travaux, chaqué pas fait dans l'étude de ees plantes nous fournira des prouves de l'inépuisable

VI BOTANIQUE.

fécondité de la nature et de la puissance rafmie du Créa- teur.

Avant de tracer le plan que je me suis proposé de suivre dans cette publication , je dirai deux mots des matériaux qui ont été mis a ma disposition ; j'indiquerai sommaire- ment la proportion relative des plantes des six familles dont je vais faire l'histoire ; je donnerai eníin quelques rensei- gnements sur le nombre , la nouveauté et l'importance des écbantillons qui composent la collection cryptogamique de Cuba.

Sous tous les rapports, et cela devait étre, la famille des Champignons , en y comprenant les Hypoxylées , marche incontestablement la premiére et laisse les autres bien loin derriére elle. Les Polypores coriaces ou subéreux et les Sphéries nous ofFriront le plus d'objets nouveaux. J'ai aussi remarqué un Tulostoma tres différent de l'espéce euro- péenne et dont j'ai déjá donné par avance les caracteres dans ma Centurie de plantes cellulaires exotiques nou- velles. Viennent ensuite les Algues, dont la premiére par- tie, les Phycéées ou Thalassiophytes proprement dites, est terminée et va étre livrée á l'impression pour étre suivie immédiatement de la seconde , comprenant les Lichens ou Algues aériennes.

Une considération importante que je ne dois pas passer sous silence , c'est , pour quelques espéces, le nombre assez considerable des échantillons qui , en me les offrant dans tous leurs ages et dans des états variés, me mettra á méme d'en tracer l'histoire presque aussi complétement que si j'étais sur les lieux. Peut-étre méme , et ce n'est pas le moindre avantage que la science retirera de la richesse de nos matériaux , me sera-t-il possible de ramener a un type certain des espéces regardées jusqu'ici comme bien distinctes , parce qu'elles avaient été établies par des au- teurs différents sur la vue d'échantillons uniques de la méme plante a des ages divers , ou provenant de localités fórt différentes. Je regrette d'awnoncer que la collection de Cuba, quoi-

INTRODUCTION. VII

qu'elle n'en soit pas totalement dépourvue , n'est pas jus- qu'á présent aussi riche en Mousses qu'on eüt pu et du l'espérer. Cependant , comme par les soins empressés et l'active vigilance de M. llamón de la Sagra, les récoltes se poursuivent a Cuba , et que les envois de plantes se suc- cédent encoré , nous avons lieu de présumcr qu'avant d'en- tamer l'étude et la publication de cette famille , le nombre des espéces se sera accru et nous permettra d'oífrir aussi quelques nouveautés en ce genre. Les Hépatiques sont moins rares , et nous pouvons en promettre quelques unes dont la nouveauté et les formes elefantes eharmeront les amateurs des plantes de cette jolie famille.

Quant au plan general de cette partie de la botanique qui m'a été confiée, jai cru devoir adopter celui qu'a suivi M. Martius dans le premier volume de sa Flore du Brésil , toutefois en modiíiant les divisions principales d'aprés les progrés récents de la science. Ainsi, aprés avoir donné une déíinition complete des familles, des ordres, des tribus, des genres et des espéces , soit deja établis ou connus, soit nouveaux et proposés ici pour la premiére fois, j'ajoute un cboix de synonymes , la plupart vériliés sur des figures ou des échantillons authentiques.

L' Habitat vient ensuite et est lui-méme suivi, pour les espéces nouvelles , d'une description aussi complete que possible de la plante. Je termine ce qui regarde chaqué espéce par des observations qui ont trait tant a l'organogra- phie qu'aux affinités qui lient la plante avcc ses congé- neres. Si j'ai préféré la langue latine pour les descriptions, ce n'est pas seulement parce qu'elle est universellemenl comprise , mais c'est surtout a cause de la concisión a la- quelle elle permet d'atteindre.

Penetré des inconvénients qui accompagnent tout cban- gement dans la nomenclature , quand ce changement n'est pas d'une absolue nécessité , je me suis abstenu de ees in- novations si fréquentes de nos jours, et , dans le choix a faire entre plusieurs noms , j'ai presque toujours préféré le plus généralemenl connu des botanistes. Non que j'aie

VIII BOTANIQDE.

négligé les travaux de mes prédécesseurs ou dédaigné d<;

m'en servir : toutes les fois que j 'ai vu du profit pour la science á adopter une opinión ou une dénomination nou- velle , je n'ai point hesité a le faire. Mais il y a loin de cette sorte d'éclectismc á la manie de ne se servir que des noms les plus récents, ou , ce qui cst peut-étre pis encoré, a celle d'en creer de nouveaux pour des objets deja mille fois décrits.

Pour les Algues, j'ai suivi la nomenclature d'Agardh, modifiée pourtant soit par quelques uns de nos compatrio- tes tels que Bory , Gaillon , Chauvin et Duby , soit par M3VI. Martius de Munich et Greville d'Edimbourg. Si je n'ai pas entiérement adopté les reformes que le dernier de ees savants a proposées , c'est que , tout en reconnaissant ce qu'il y a d'excellent dans son travail , je ne suis pas encoré convaincu (et je donnerai les raisons de mon doute) que la distinction de beaucoup de ses genres deja établis depuis longtemps par Lamouroux repose sur des caracteres assez tranchés ni assez nombreux pour étre naturels. Toutefois pour étre juste , j'ai avec M. Greville , restituer a quel- ques uns des genres de cette famille les noms qui leur avaient été antérieurement imposés, et que M. Agardh a changés sans nécessité et sans autre motif que celui d'y substituer les siens. J'ai vu du reste avec plaisir que, pour plusieurs de ees noms , nous étions parfaitement d'accord sur cette juste restitution , avec le fils méme de l'illustre algologue suédois.

Mais si je n'ai pas admis tous les genres établis par M. Greville, j'ai profité, autant qu'il a été en moi, des pro- grés qu'il a fait faire a l'algologie. J'ai méme redoublé d'efforts pour le suivre , quoique de loin , dans la voie des analyses microscopiques , voie nouvelle qu'il a, sinon ou- verte, au moins bien élargie. Ces analyses, dont on verra une partie seulement dans les planches qui accompagnent le texte , car pour les y faire teñir toutes il m'en eüt fallu au moins deux fois autant , m'ont coúté un temps infini et des diíTicullés que ceux qui s'en sont oceupés sont seuls

INTRODUCTION. IX

capables de comprendre. Ce serait en donner une idee bien imparfaite que de diré que je suis parvenú á faire trois sections longitudinales dans un rameau du Cera mi um cla- vulatum, c'est á diré dans un filament ayant tout au plus un dixiéme de millimétre de diamétre, de maniere a séparer des deux laterales une tranche moyenne , propre a montrer la structure de cette curieuse Céramiée et le canal qui la parcourt. Toutes les analyses en question ont été dessinées ou plutót calquées par moi sur la nature , au moyen de la chambre claire perfectionnée et adaptée par M. Charles Chevalier a son excellent microscope achromatique que pos- sédent maintenant la plupart des naturalistes. Les plan- ches ont été peintes d'aprés ees analyses et sous mes yeux par M. Alfred Riocreux , jeune artiste auquel on doit une partie de celles du Voyage de M. d'Orbigny , et dont le pinceau, tout a la fois élégant et facile , justifie de plus en plus les témoignages avantageux que nous avons deja ren- dus au mérite de ses premiers travaux en ce genre.

Pvelativement aux Champignons et aux Lichens , je n'ai pu prendre un meilleur guide que M. Fries , prince des mycologues de l'époque actuelle.

Quant aux Mousses, je proíiterai des reformes intro- duites dans cette famille par mes savants amis, MM. Brueh et Schimper, tout en regrettant que leur magnifique ou- vrage sur la bryologie d'Europe soit trop peu avancé pour m'éclairer sur celles qui restent a faire dans les tribus qu'ils n'ont pas encoré soumises a leurs recherches.

M. Nees d'Esenbeck, président de 1' Académie des Curieux de la Nature, ayant bien voulu continuer a m'accorder son secours pour l'étude diílicile des Hépatiques, les espéces nouvelles de cette famille paraitront encoré sous nos deux iioms réunis.

O n trouvera a la fin de mon travail les observations de géographie botanique que j'aurai été á méme de faire dans l'examen des plantes cryptogames de la collection de Cuba.

En preñan! ce< engagement, je ne dois pas taire que,

X B0TAN1QDE. IINTUODUCTION.

quelque importante que soient les matériaux mis a ma dis- position, ils ne sauraicnt pourtant concluiré, sous le rap- port de la géographie, a des resultáis bien satisfaisants par leur certitude. Dans l'insufíisance actuelle des faits, com- ment pourrait-on , en effet, s'élever á ees hautes considéra- tions d'oü doivent naturellement découler les vérités gené- rales qui lient ees faits entre eux? C'est done á accroitre incessamment les observations de ce genre qu'il faut sur- tout s'attacher, afin de laisser, du moins, a nos successeurs les matériaux nécessaires á la construction d'un édifice dont nous devons nous contenter de jeter les fondements. C'est ce que , pour mon compte, je tácherai de faire avec toute l'attention et tout le soin dont je suis capable. Puissent mes eíForts ne pas rester vains et mériter, sinon les suífra- ges, au moins l'indulgence de mes lecteurs.

PARTIE DESCRIPTIVE.

PLANTEE CELLULARES, DC.

classis i. ALGiE, L. Juss. (non Rotli).

Char. Plantee agamce (Acotjledonea? Ag. Nemece Fr.) aerece vel submersce, scepius perenn antes, conteoctu celia- loso vel filamentoso numquam vasculari, libera? , nuda? , vel in gelatina nidulantes , continuo aut interrupte vigen- tes, superficie externara humiditatem exhaurientes ; vi- vipartu , prolificatione vel núcleo ascigero in apothecia diversíformia erumpente, vel sporidiis superjicialibus (co- nidiis) aut in sporangia varia inclusis, propágala? .

familia i. PHYCE.E, Fr.

Chah. Vegetabilia agonía, submersa , sea vesiculis simplicibus in muco primordiali immersis , seu cellulis po- lymorplús filamentisque articulatis aut continuis, liberis vel sub forma determínala varia laminosa jrondosaque consociatis , composita ; vivípara aut sporidiis (gongylis) intrínsecas pratparatis , nudis , vel intra conceptacala forma situque varía, coadnnatis , f>ropagata.

2 BOTAN IQUE.

Alga? aquaticce perennes aut annuce continuo vigentes } elementum nutriens tota superficie absorbentes .

Syn. Alga?, Roth, Cat. , Bot.

Thalassiophyta , Lamour., Ann. Mus., tom. XX.

Hydrophyta, Lyngb. , Tentara. Hydroph. Dan. , p. 24.

Hydrophycce , Fr., Syst. orb. veg., p. 320.

Phycea* , Fr., Lidien, eur. reform., p. 32.

subfam. i. ZOOSPERMEjE, /. Ag.

Ciiar. Alga? e cellulis , articulis vel tubis constituía? in quibus ipsa massa inclusa granulosa ta?idem in sporidia abit. Ha?c sporidia sub planta? matnritatem motu quasi spontaneo gaudent , quojam Ultra cellulas matricules in- cipiente, per jor amen aut ab ipsis factum , aut a natura suppeditatum, eadem libera evadunt, seseque ad novam reproductionem disseminant (Conf. J. Agardh , Novitia? Flora? Suecia? ex A Igarum familia , p. 9).

Syn. Nostochinea? , Mart., FL, Bras., I, p. 6. Confervoidea? , Ejusd., 1. c, p. 8 (excl. Ceramieis et

Chara). Caulerpea? , Grev., Syn. gen. Alg., p. G2, et Montagne,

Mémoire sur V organisat. et le mode de reprod. des

Caulerpées , Comptes rendus des séances de VAcad.

des se. de Paris , 18 sept. 1837 et 26 févr. 1838, et

Ann. des se. nat., 2e ser., Botan., tom. IX, p. 199. Alga? frondosa? s. fucoidea? , Mart., 1. c, p. 17, ssq.

(Zonaria, etc. exclus.). Ulvacea? , Fr., Lichen. eur. reform., p. 35. Ulvacées [excepto Aspercocco) et Spongodiées , Lamour.,

Essai, p. 59 et 71 . O r diñes, I— III (exceptis Ceramieis ad Florideas perti-

nentibus), Endlicher, Gener. plant., p. 1-5. Ordines, XII-XIV, Grev., 1. c.

BOTAN 1QUE. 3

ordo i. DIATOMACE.^ (1), Endl.

Individua crystalUformia lineis plerumque rectis cir- cumscripta, atque aut aci/ormia, aut cuneiformia , aut cuadrángula , rarius linea curva circums cripta ; cce- terum plana , rígida , fragilia , in varias formas aggre- gata ; aut nimirum in parallelogrammum aut in circu- luin aut apud superiores infdum; ex qua compositione , suo quodque modo, scepe máxime sin gulari , solvuntur. Pie ras que in muco nidulantur. Color tolius ca?spitis in re- centibus plerumque jusco-lutescens , exsiccatione in vi- ridi-olivaceum pulchro vernice nitentem abiens. Indivi- dua swpissime hy aliña; sed si colorata , color luiescens. Agardh, 1. c.

Syn. Diatomeas y Ag. , Sjst. , XII. Kutz., Synopsis Diatomacearum, p. 1. Endlich., Gener. plani., p. 1 .

sübordo i. DIATOME.E, Endl.

Individua (f rastilla ) plerumque lineis rectis circum- s cripta t plana , juscescentia , rígida, solitaria ve l varié consociata.

Syn. Diatomacece , Kutz., 1. c, p. 3. Diaiomea', Endl., 1. c, p. 3.

(i) Morí manuscrit de la famillc des Algues e'tait cntiérement termine, quand j'ai eu rinestimable avantage de connaítre a Paris M. Ehrenberg. J'avoue que les belles planches de son magnifique ouvrage sur les Infusoires , quil nous a íait voir et savamment expliquees, et que les expérienccs dont il a bien voulu nous rendre tc'moins, ont singulicrcmcnt ebranle' mes anciennes eonvictions tonchant les Diatomace'es. Mais pressé par les circonstauces et n'ayant d'ailleurs pas fait une e'tude speciale de ce monde nouveau, je suis forcé de livrer á l'impression dans sa forme primitive la partie de ma publication relativc á ees Infusoires á carapace siliceuse.

* BOTAIIIQÜB.

STYLLARIA, Ag.

Individua (f rastilla ) libera, canciformia plana, longi- tudinaliter striata , ápice eroso-denticulata , solitaria. Endl., 1. c, p. 2.

STYLLARIA CUNEATA , Ag .

S. frustillis transverse fasciatis pluridentatis .

Syn. Frustulia cunéala, Ag., Sjst., p. 2? Echinella cunéala, Lyngb., Hjdrophyt., Dan., t. 70. Frustulia Lyngbyei, Kutz., 1. c, p. 29^ f. 32. Stjllaria cunéala , Ag., Conspect. Diatom., p. 38.

Hab. Ad fila Ceramii diaphani v. repentis in portu Havana lecti parasitans.

DIATOMA, DC.

Fila linearía , plana , transverse in artículos [frustilla ) soluta, angulis alternatim cohcerentia .

DIATOMA TENUE, Ag .

D. frustillis diámetro Apio vel hplo longioribus , simplicibus vel conjugatis , fasciis binis transversalibus hites centibus.

Syn. Diatoma tenue, Lyngb., 1. c, p. 79, tab. 61. Ag., Consp. Diatom., p. 52. D. tenue ¿> nórmale, Kutz., 1. c, p. 52, f. 63. Conferva flocculosa, Fl., Dan. , t. MCDXCVII, f. I .

Hab. Ad radices Lemnce minoris L. et Salviniai

B0TAN1QUB. ■>

hispidee Kunth, quas investit, circa urbem la Ha vane lectum.

subordo ii. DESMIDIERE, Kutz.

Individua plerumque cjlindrica , viridia , solitaria vel varié consociata .

BIDDULPHIA, Gray.

Individua seriata , series in artículos ope istlunorum coherentes soluta?.

BIDDULPHIA AUSTRALIS, Moíltagn.

B . frustillis quadrato-parallelogrammis turgidis, lon- gitudinaliter striatis , medio transversim fasciatis tenuis- sime lineatimque punctatis.

Hab. Ad Florideas varias in portu Havanensi ledas parasitans.

Descr. Csespes mucosus, primo viridis, demum albidus, nitens, e filis compositus tenuibus lentis ope tamen conspicuis , fragilibus et frustulatim solubilibus. Individua e forma quadrata scnsim clon gata parallelogramma, túrgida, longitudinalitcr striis qua- tuor nolata, quse tándem striíe in medio, fascia transversali lira- Una dilatata, cvanescunt, tenuissimc lineatim punctulata, altero ángulo coha;rent¡a. Fascia media transvcrsalis quse singulum, uti diximus, individuum percurrit, binis initio lineis approximatis li- mitata est. Har lineae, evolutione continuata frustilli, se ab invi- ccm removent pedetentim, frustillo tándem in bina denuo soluto. Coha?rcntia íit ope ccllularum scu apophysium spha?ricarum ángu- los cujusque frustilli forruantium, quorum, uno soluto, alter cuín próximo adhíerens mauct et lum , alternis angulis individuorum coha?rentibus, caleña irrcgularis nascitur.

Obs. Cettc especc est en menie lemps voisine du Confería Bid- diúphiana, de l'Englisb botany (Diatoma Biddulphianaj Ag.\ qui

(i BOTANIQUE.

a seryi de type á Graj pour l'établissement de son genre Biddul- phia admis par MM. Kntzing et Endlicher, et du Diatoma inters- tilialis de M. Agardh, que je ne connaispas. Elle a aussi quelques rapports, au inoins si j'en dois jugcr d'aprés la description, avec le Biddulphia vesiculosa, Kutz. {IHaloma, Ag.). Elle offre, en cffet, la bande transversale hyaline qui distingue la premiére de ees Des- midiées et se montre quelquefois sous la forme clliptique qu'on dit propre á la seeonde. Cepcndant j'ai quelques raisons pour penscr qu'elle difiere de l'une et de l'autre. Un caractére que je donnerai comme spéciíique du B. australis esl celui que je tire surtout de la forme de l'intervalle observable entre deux individus avant leur séparation. Cette forme est absolument celle d'un 8 de chiffre. Elle dépend de ce que les cinq cellules longitudinales qui terminent l'article a chacune de ses extrémilés ne sont paségales, et que ce sont les deux externes et la moyenne qui saillent davan- tage , les intermédiaires restant plus courtes.

L'accroissement et la multiplication successive des individus m'a paru s'opérer de la maniere suivante : l'individu a d'abord un diamétre qui l'emporte sur la longueur , et a cette époque la bande transversale est formée de deux lignes fort rapprochées. Peu á peu et á mesure que l'évolution s'effectue , ees lignes s'éloignent l'une de l'autre et laissent entre elles un espace transparent de plus en plus étendu. L'article a pour lors un diamétre plus court que sa longueur. «Tai souvent remarqué qu'il se formait prés du bord libre quatre cellules qui indiquaicnt le lieu , plus tard , devail s'opérer une nouvclle división. Les lignes qui bordent l'espace hyalin deviennent, dans ce cas , les extrémités de deux individus contigus dans le milieu desquels , méme avant leur séparation , il se forme une nouvelle bande transversale tres étroite. C'est en sui- vant, non dans l'état de vie> il est vrai , mais dans les phases suc- cessives de leur évolution, une grande quantité d'individus, que j'ai pu me fairc cette idee , peut-étre inexacte, du mode de déve- loppement de ees étres curieux qui tiennent, en quelque sorte, le milieu entre les deux régnes vegetal et animal , ou bien , comme le veut l'ingénieux et spirituel Bory, en constituent un nouveau qu'il a nommé Psychodiaire.

Pour achever d'indiquer les autres caracteres par lesquels notre Desmidiéeme semble différer du B '. pulckella , Gray, je dirai que l'on n'apercoit pas de points colores dans l'espace hyalin qui se forme au milieu de l'article , mais que celui-ci présente en revan-

BOTAN1QUE.

che une ímménse quantité de points rangos en series linéaires el qui lui donnent de la ressemblance avee les yeux a facettes de quelques insectos : on n'apercoit ees pouctualions qu'á la leu tillo d'unc dcmi-ligne de foyer du microscope simple ou au microscopc composé.

J'ai communiqué cette espece á M. Ehrcnberg lors de son der- nier voyage en France.

ordo ii. NOSTOCHINiE, Ag.

Gelatina ji garata , globulis s.jilis simplicibus aat ra- mosis y continuis aut articulatis farcta.

GHLOROCOCCUM, Grev.

Gránala spheerica v. ellipsoidea, aggregata , strati expertia.

GHLOROCOCCUM MURORUM? Grev.

C. granulis viridibas simplicibus sphwricis ellipticisve.

Syn. Protococcus viridis? Mart., Fl. Bras., 1 , p. 7,

ex loco. Protococcus Monas, Ag., íc. alg. europ., t. 1 1 , ex Kutz.,

Aun. se. nat., 2e serie, lom. II, p. 3G2, t. G, f. 4. Chlorococcum murorum, Grev., Crjpt. Scot. FL, i. ',V2h.

Hab. Ad lerram humidam argillaceam propc urbe ni Havanam lectum.

Obs. Cette végétaliou forme, sur la lene qu'elle recouvre, des laches irrégulieres tres minees d'un veri tendré. Les globules qui la composent sont sphériques ou elliptiques el transparens ; leur cen- tre est oceupé par un noyau de maliere verte. Ces globules vésicu- Icux ont un diámetro d'environ deux centiémes de millimétre ; ecux qui sont elliptiques ont une longueur double de leur dia- metre.

S HUTA ÑIQUE.

ohdo iii. CONFERV ACEyE , EndL

Fila capillaria, membranácea vel filamentosa intus v. extus articúlala , Simplicia v. ramosa, libera {id est haud in frondem coalita), interdum lamen reticulatim contexta , viridia vel rarius fusca aut purpurea , infor- mis infimis hy aliña. Sporidia viridia y fila j ardentía vel inter artículos vesiculosos ínflalos contenta. Endl.

Aqua? marinas el dulcís vulgares hospites. Nonnullas vivípara? , al'ue motu quasi spontaneo vitam animalem mentiuntur.

Syn. Confervoideos , Agardh, Syst., XX.

Confervea?, Oscillatoriea? , Byssoidea? pro parte, atBatra-

chospermea? (pluribus exclusis), Greville in Lindley, a

natural Syst. of Bot.y 2e édit., 436 sq. Confervacea? , Endl., 1. c, p. 4.

trib. i. OSCILLATORIN.E , Ag.

Substantia gelatinosa elongata in fila sub Simplicia, sub- continua mucosa, demum sa?pe ¿ndurato-cornea, intus granulis vel annulis densis par allelis jareta, interdum motu oscillante vel ob rapidum incrementum quasi re- pente donata. Endl., 1. c, p.

MICROCOLEUS, Desrnaz.

Fila libera e vaginis membranaceis jasciculatim pro- repentia, Simplicia 3 transversim lineolis confertis notata, demum contexta.

MICROCOLEUS MARITIMUS, Bory .

M. filis viridi-hyalinis minutissimis rigidis strictis in fascículos parallele conjunctis.

BOTANIQCB. 9

Syn. Oscillatoria chthonoplastes , Lyngb., 1. c, j). 92,

t. 27. Agardh, Sjst. ah¿., p. 62. Microcoleus maritimus , Bory, Dict. class. hist. nat. ,

tom. X, p. 526.

Hab. Ad littora Cubensia lectus.

Obs. Cette Oscillariée differc-t-elle de sa congénere, le M. ter- restris, Desmaz. , autrement que par son habitation sur le sable des bords de TOcéan , on la trouve souvent rampante, mélangée avec d'autres conferves? Pour décider pertinemment la question , il faudrait avoir pu les observer comparativement toutes deux vi- vantes dans leur lieu natal. Je m'en rapportc done ici a la distinc- tion qui en a été faite par mon savant ami , lequel a sans doute été a niéme de faire plusieurs fois cette coraparaison . Les différen- ces indiquées par M. Bory sont, dans notre espéce, une dimen- sión généralement plus grande et des filaments moins sensiblc- ment articules. Les échantillons que j'ai a ma disposition présen- tent ees filaments d'un vert trésobscur ou presque noir et rampants sur le sable , mélés a une touffe de Caulerpa fastigiata. Les fila- ments sont réunis en fascicules flexueux couchés et eotrclacés. Je n'ai pu apercevoir la gaine commune.

SCYTONEMA, Ag.

Fila libera, coriácea, intus annulata. Ag. , Syst.,

XXII.

SCYTONEMA? RUBRUM, Montag .

S. decumbens rubrum, dichotome ramosum intrica- tiun, ramis divaricato-geniculatis , sporangiis diámetro subbrevioribus.

Syn. Scytonema rubrum, Montag., Cent. Pl. cell. exot. in Ann. Se. nat., 2e serie, tom. VIII, p. 349.

Hab. Ad folia dejecta in ínsula Cuba.

Desc. Fila in facie tolii supina decumbentia ramosa, intrícata,

10 BOTANIQÜB.

(|ii;isi discreta, non autem oongesta , capillo lenuiora etoculo iu ¡uníalo inconspicua, acris lantum ope Icnlissub oculos cadentia , maculas diametri 3millim. efformantia. Kami elongati divaricati, ápice obtusi, intus sporangiis aut diámetro brevioribus aut cum- dem ¡e([uanlibus anuulati. Sporangia demum libera elliptica gra nulis amorphis refería. Color maeularum ob pulvisculum absque du-bio peregrinum rubro-fuscus , filarum vero microscopio subjec- torum viridi-fuscus.

Obs. Cctte espéce nc peut étre distinguéc de ses congéneres que par la couleur de ses tacbes, par la longueur des segmente du lila- ment interne ou des sporanges et par sa ramiheation.

SCYTONEMA BYSS01DEÜM , Ag.

I:OTANIQUE (CRYPTOGAMIE^, I'L. II, fig. 2.

S. filis simplicibus ereciis brevissimisjlexuoso-crispis iit stratum nigrum complicatis.

Var. corticale^ Montag., ms.jilis simplicibus flexuosis erectis ramoso-proliferis.

Syn. Byssus petrcBa niñérrima fibrosa , Dill.. Hist. muse,

t. 1, f. 18. Cornicularia velutina, Ach. , Prodr., p. 218. Parmelia paunosa , Ach., Meth.9\i. 245. Collema panno sum , Ach., Lichen. univers., p. G60. Collema velutinum , Ejusd. , Synops., p. 329, ex Ag. Scytonenia bjssoideum , Ag., Sjst. Alg., p. 39.

II ab. Acl cortices vetustos i/i consortio Parmeliee cujus- dam nondum specifice determinare lectum.

Obs. Comparé á des échantillons de Collema velutinum, Ach., re- eueillis dans les Vosgcs et communiqués par ¡non ami le Docteur Mougeot, je n'apcrcois aucune difieren ce a la vue simple. Sou- mis au microscope compara tivenient a la meme plante, je vois en- coré les mimes formes , des dimensions égaíes dans les filaments

B0TAN1QUE. 1 1

olios sporanges, lo momo modo d'cnchevétrement de ceux-la entre cux ■, enfin tout me parait identique , á Pexception d'un soul point.

Dans la planto do Cuba , développée sur uneécorcc, los fila- monts , d'un ¡auno hrun , pousscnt de tuutos parís d'autres fila- ments pollucidos ou a peino colores d'une teinte de vori bleuátfe qui n'onl tout au plus que la einquiéme partió du diámetro dos pre- miors. Cos filamcnts secondairos sontdójá cloisonnés ou plutót rem- plis do gongyles tres subtils qui les fonl paraitre tels. lis sont abondants, qu'ils forment une sorte de duvet qui unit entre cux d'une maniere tres serrée ceux dont ils émanent. Les gongyles sortcnt a la maturité de l'extrémité des filamcnts principaux. On les voit sur le porte - objet du microscope, seuls, ct ayant alors une forme ovale ou réguliérement clliptique, ou bien róunis doux a doux , trois á trois et ainsi de suite, en series plus ou moins nombreuses. J'en ai observé quelques uns qui m'ont paru en étal de germination , si l'on peut employer ce lerme pour dósigner le développement primordial de la plante. Ils pousscnt deux filamcnts pellucidcs dont l'un est toujours plus long que l'autrc. Le plus court correspondrait-il au point par celte algue se fixe sur los corps elle prend son accroissement? Serait-ce une espoce dis- tincte?

EXPLICATION DES FIGURES.

Pl. ii. fig. -2. a Sommet d'un íilament du Scytonema bijssoideum , var. corticale, vu á un grossissement do 380 diámetros. II porto ees filamcnts secondairos dont j'ai parlé ctqui nc sont peut-ctre quedos prolifications. b Chapclcl ou suitc de gongyles sortis du tubo du íilament. ce Forme dos gongyles aprés lour sopara lion et avant lour germination. dd Gongyles dans ce dernior ótat. Toutos los figures sont faites au momo grossissement.

trib. ii. CONFERVE.E, Jg.

Fila articulata viridescentia , omn i no libera vel reti- culatuiu connexa , ¡)lerum(¡ue eniospora.

Sn\. Co/iJcivea>, Ag., Syst., XXV. Endücli,, I. c, p. .").

12 BOTAMIQUB.

CONFERVA, Ag.

Fila membranácea libera, Simplicia v. ramosa entos- perma.

Algae marinas, fluviátiles et palustres.

CONFERVA FASCICULARIS , Mert.

C. filis ramosissimis capi Hacéis , ramis alternis remotis ahbreviatis , ramulis fastigiatis subsecundis , articulis diámetro quadruplo lojigioribus.

Syn. Confería Ja scicularis 3 Mert. in Ag., Syst., p. 114. Martius, Fl. Bras., I, p. 9, descriptio bona. Montag., Voy age dans Y Amcr. mér., par Ale. d'Orbi- gny, Botanique , pl. 7, f. 1 .

Hab. In porta Havanensi ubi paucissima eocemplaria cum alus algis intricata legit el. Ramón de la Sagra.

CONFERVA RIPARIA, Dlllw.

C. Jilis tennis simis longissimis Jlexuosis impleocis, re- motissime ramosis , ramis brevibus subsimplicibus d'wari- catis , articulis diámetro duplo longioribus , geniculis pel- lucidis.

Syn. Conferva jiparía, Dillw., Brit. Conjerv., p. 69,

t. E. C. obtnsangula , Lyngb., Tentam., p. 159, t. 55. C. riparia, Ag., Sjst., p. 106.

Hab. Ad littora Cubensia vulgaris.

Obs. On trouve dans Lyngbye une fort bonne description de cette conferve, et surtout une figure grossie avec laquelle notre échantillon convicut parfaitement. Dillwyn l'a donnéecomme sy-

BOTANIQUE . 1 3

nonymc du Confcrva riparia dcRolh(Cat. Bot. m,p. 216), quoi- que les caracteres par lesquels ce dernier auteur définit sa plante nc se rapportcnt guére qu'a la ténuité des filamente et a la Ion gueur des articles ,, car a peine s'il dit un mot de sa ramification. Aussi c'est avec doute qu'Agardh réuuit l'algue de Roth a celle de Dillwyn. De son cote, Lyngbye, sans oscr se prononcer avec plus de certitude , rapporte la premiere a son Zygnema lilloreum. Quoi qu'il en soit, je nc doute nullcment que les échantillons de Cuba n'appartiennent a l'especc de Dillwyn.

CONFERVA BRACHYCLADOS , MoHÍag . noTANiQun (cryptogamie) , rr.. iv , lig. 2.

C. filis tenuissimis irregulariter dichotome ramosis, ramis primaras longissimis patentibus, secundariis apprcs- sis, ultimis brevissimis spinceformibus secundis pectina- tis, articidis injerioribus cylindricis diámetro quintuplo, supremis oblongis duplo tantum longioribus.

Syn. C. brachy ciados , Montag., Cent. pl. cell. exot. i/i Ann. se. nat.} tom. VIII, p. 349.

Hab. Prope Havanam leda, probabiliter aqiuv salsee íncola. An ad saxa adkrerens vel libere Jluitans inventa sit, incertum.

Desc. Ccespes maximus , densissimus , laete viridis , nitens , 5 poli, et ullra longus, intricalus : Fila tenuissima ultrasetacea , membranácea dichotome ramosissima. Rami primarü s. inferiores altcrni , longissimi , patentes ; secundarii strictiusculi ramulis ins- tructi brevissimis spinasformibus subsecundis vel seriebus quater norum alternatim secundis approximatis pectinatisque. Articuli in- feriores (fili primarü) diámetro séxtuplo, ramorum quadruplo , ra- mellorum duplo sesqui longiorcs, irregulariter alternatim collapsi, medio hyalini, ad genicula obscuro virides. Color ccespitis líele viri- dis , filorum viridi alboque variegatus. Substantia membranácea tcnuissima. GhartaB vel vitro laxe adhreret.

Obs. Je ne connais le Confcrva membranácea, ílofm , que par la

I í B0TA3IQ0E

simple diagnosc qu'en a dounée M. Agardh daos son Systema Alijarían. On concevra aisémenl qu'il est impossible sur un si peüt

nombre de caracteres , et principalcmcnt dans un gcnre nom- breux ct si mal connu , de décider si l'Alguc dont il est ici ques- tion doit ou non y étre rapportée. Les sculs , en effet , qui me semblent convenir a touíes les deux , sonl , d'une part , la ténuité et la consistance membraneuse des (llamen ts, de l'autre la rami- íication dichotome. Mais M. Agardh ne parle en aucunc maniere de la disposilion remarquablc des derniers ramules , disposition qui me parait essontiellc et qui distingue a premiére vue cette con- ferve de toutes ses congéneres. La longueur des articlcs, que le célebre algologucsuédois dit étre de quatre fois le diámetro, varié dans notre plante entre une fois et demie et six fois ce méme diamétre, selon la hauteur on les observe. Ccsarticles, d'ailleurs, ne sont pas absolument cvlindriques , mais plutót oblongs. J'ai comparé mon C. brachy ciados avec le C. diffusa, Roth; mais elle n'a de commun avec cette espéce que le mode de ramification , et encoré cellc-ci est-elle fort diverse dans les derniers ramules. Les fdaments de Fcspéce de Roth, voisinc du C. rupestris, onl un calibre trois ou quatre fois plus gros que ceux de la notre.

EXPLICATION DES FIGURES.

Pl. iv , íig. -2. a Conferva brachyclados de grandeur naturelle. h. Partie supérieure d'un individu vue á un grossissement de qua- torze diamétres. c Portion du Blament grossi 150 fois pour montrer la longueur et la forme des articles et celles des ramules latéraux.

CONFERVA IMPLEXA, Dtllw.

C. filis tenuissimis simplicibus crispato-implexis molli- bus obscure viridibus., articulis diámetro sesqui-duplo longioribus.

Syn. Conferva implexa } Dillw., Iiitrod., p. 46, t. B. Lyngb., 1. c, p. 144, t. 49. Ag. Sjrst., p. 91.

Hab. Jd fucos majares in porta Havancnsi lecta est.

BOTANIQUE.

CONFERVA LINUM, Ruth.

C. filis simplicibus c ras sius culis rigidis crispaiis , lon- gissimis, laxe implica tis , arti culis diámetro sublongiori- busf siccitate plicalo-corrugatis .

Ccespes sordide viridis veljlavescens